RÉCIT DU VOYAGE DE RETRAITE À TULETTE
AOÛT - 2025

Cette année, l’Association Sunyata Suisse (ASS) a organisé la retraite à Tulette et non plus au Camp de Vaumarcus. Tulette est un petit village situé au sud de la France. Mme Huệ Thuận, responsable de l’ASS possède un vignoble et une oliveraie à Tulette. Le terrain est vaste avec beaucoup d’espaces libres couverts d’herbe. Le bâtiment principal compte un étage et en tout neuf chambres à coucher. Au rez-de-chaussée il y a un salon, une salle familiale transformée en salle d’étude pouvant accueillir vingt personnes pour la méditation assise. Tous les pratiquants doivent rester sur place car c’est une petite province et aucun d’eux n’a de logement à proximité.
Un pratiquant est venu de Belgique en voiture, trois de Paris (le trajet prenant sept à huit heures), trois de Toulouse également en voiture. Mme Huệ Thuận a aussi conduit Mme Minh Tịnh et moi-même de Lausanne (Suisse) jusqu’à Tulette. Une autre voiture transportait trois pratiquants aussi venus de Suisse. En plus, trois pratiquants français de l’Association Sunyata de Toulouse ont rejoint la retraite. Une participante a préféré un logement à proximité pour plus de confort et venait à pied chaque jour. En réalité, la retraite ne comptait que seize participants, ce qui était suffisant pour que chacun dispose d’un espace confortable
Le climat est aussi chaud que la Californie, c’est encore l’été, la température atteignant parfois 100°F. La maison devait garder les ventilateurs en marche, car apparemment peu de gens utilisent la climatisation. À Lausanne, la maison de Mme Huệ Thuận est située au bord du lac Léman dont l’autre rive appartient à la France. Le lac Léman est aussi appelé lac de Genève. Les rues et les maisons des deux pays ne se diffèrent guère, la frontière se résume à un petit poste au milieu de la route, sans aucun garde ni agent. La différence la plus notable est que la Suisse utilise le franc suisse, tandis que la France utilise l’euro.


En ce mois d’août, les raisins ne sont pas encore complètement mûrs, à moitié verts, à moitié déjà pourpres. Ce sont des raisins destinés à la vinification, petits mais sucrés. Cette année la vigne n’est pas très productive. Je me souviens d’une fois, après une retraite à Vaumarcus, en septembre, lorsque les raisins étaient mûrs : j’ai eu l’occasion de les cueillir. Chaque grappe était lourde. La main droite tenant les ciseaux venait de couper la tige avec des ciseaux, il fallait la soulever à deux mains et la déposer délicatement dans la seau. C’est ainsi que se trouve la vigne destinée à la vinification : chaque cep n’est pas haut, juste à portée de main pour être coupé. Quant aux raisins de table, ils étaient cultivés le long des murs de la maison ; certains sont plus hauts que la tête ; il fallait une échelle pour les cueillir. Depuis les fenêtres de l’étage, les dames pouvaient aussi en attraper. Les raisins de table sont plus gros, sucrés et à la peau fine. Dans le jardin, il y avait aussi des grenades, des poires, des jujubes mûrs.
Le matin, Mme Huệ Thuận dirigeait la méditation assise, les exercices de qigong et la marche méditative en plein air. Les repas se prenaient dehors car la salle à manger était trop petite. Prévenante, Mme Huệ Thuận avait commandé au restaurant français des plats végétariens pour sept déjeuners, livrés chaque jour à domicile. Le matin et le soir c’étaient les pratiquants qui s’en occupaient. Minh Triết et Quang Khôi considérés comme deux jeunes pratiquants, se sont portés volontaires pour toutes les tâches culinaires, préparation, organisation, nettoyage…Dans la cuisine deux autres jeunes pratiquants, Thế Anh et Trâm Anh, se sont aussi engagés à accomplir tout ce qui était nécessaire pour la retraite.

La plupart des participants de cette retraite avaient déjà de nombreuses années de pratique. Je n’ai donc enseigné que quelques sujets au moyen de diaporamas diffusés sur un petit écran de télévision, et j’ai répondu à leurs questions. Le temps ici était chaud ; j’avais souffert d’un coup de chaleur pendant toute la semaine de retraite avec de forte toux. Cependant je suis allée en classe chaque jour, en reconnaissance des efforts que chacun avait faits pour parcourir tant de kilomètres afin de participer à la retraite.

Un évènement heureux s’est produit : un méditant français a décidé de devenir moine au milieu du cours. Toute la classe était ravie. Il appartient à l’Association Sunyata de Toulouse, qui compte le plus grand nombre de pratiquants français, et y suit l’enseignement depuis de nombreuses années. Je lui ai dit que s’il avait bien réfléchi, il pourrait recevoir l’ordination lors de la cérémonie traditionnelle au monastère en avril 2026. Il a dit qu’il se rendra au monastère central à Perris aux mois de mars et avril 2026. C’est une bonne nouvelle, mais comme nous le savons bien :
"Que sera, sera,
Qui vivra, verra,
What will be, will be…"
Centre Perris, le 25 août 2025
TN
Texte source (en vietnamien) : https://www.tanhkhong.org/p1184a4931/ni-su-triet-nhu-ky-su-chuyen-du-hoa-tulette-thang-8-2025
Traduit en français par Huệ Thuận.
